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PROGRAMME

Villanelles extraites de Il primo libro delle villanelle alla napolitana de Giovanni Domenico da Nola (Venise, 1567)

Danses et diminutions instrumentales extraites de l’Intavolatura de cimbalo d’Antonio Valente (Naples, 1574)

Chansons de Thomas Crecquillon, Adrien Willaert, Philippe de Monte

 

DURÉE

60 minutes

MUSICIENS

soprano

baryton

cornet à bouquin/flûte à bec

viole de gambe

clavecin

NAPLES

Déjà̀ au XVIème siècle, Naples se présente comme l’une des plus grandes villes d’Europe. Elle doit son essor à la victoire d’Alphonse V d’Aragon sur René́ d’Anjou en 1442, date qui signe le début de la DOMINATION ESPAGNOLE à Naples, domination qui sera renforcée en 1504 lorsque ce royaume se transforme en province espagnole sous l’autorité́ d’un vice-roi hispanique. La « très belle chapelle » dont parle Le Monnier dans sa description est la Real Capella, qui, pendant la Renaissance, voit se succéder surtout des musiciens espagnols et ce pendant une très longue période. Jusqu’à 1570, ce sera l’ibérique DIEGO ORTIZ qui en prendra la direction. Les musiciens locaux fréquentent et occupent des postes plutôt dans l’autre grand centre musical de la ville, la chapelle de l’Annunziata. C’est ici que nous trouvons le nom de GIOVANNI DOMENICO DA NOLA, qui dirigera cette église de 1563 à 1588. Naples possédait une culture musicale originale et unique, qui s’est développée tout au long de la Renaissance et qui est sans doute liée à l’influence espagnole.

Entre les plus belles et magnifiques cités maritimes de l’Europe (voire de l’univers) se montre la très belle, très noble et gentille ville de Naples, assise en forme d’arc, sur la Méditerranée, avec deux chateaux à coté de midi, le premier à double forteresse bien matérielle, appelé Castel nove, le second appelé Castel de l’uovo. Y ayant au haut dudit castel novo de très belles et grandes salles et galeries, et une très belle chapelle ou église par bas, très bien régie et décorée, ou je trouvai gens d’église bien graves et qualifiés.

LA MUSIQUE

En 1537 l’imprimeur napolitain Johannes de Cologne sort de ses presses un recueil intitulé «Canzone villanesche alla napolitana», qui contient quinze chansons anonymes. Le terme villanesca dérive de villano (paysan) et désigne un CARACTÈRE POPULAIRE très présent dans ce répertoire. La mention alla napolitana caractérise son aspect local et les textes sont très souvent en dialecte napolitain. Le lien avec les frottole et barzellette est très fort et nous pouvons presque considérer ce phénomène comme le descendant méridional des frottoles du nord de l’Italie. D’ailleurs, la structure des textes des villanesche est très similaire à celle du strambotto, souvent utilisée par les frottolistes. La villanesca est caractérisée par une forte utilisation des QUINTES PARALLÈLES, interdites dans la polyphonie du XVIème siècle, qui donne une COULEUR TOUT A FAIT UNIQUE à ces compositions. Si la première période de diffusion est marquée par des compositeurs Napolitains, comme Gian Domenico da Nola (1541) et Tommaso Cimello (1545), après 1550 nous assistons à la disparition progressive du CARACTÈRE TYPIQUEMENT NAPOLITAIN de ces pièces. On trouve alors des villanesche en toscan ou en dialecte du Nord de l’Italie. Des compositeurs flamands écrivent également des villanesche, notamment Jacques de Wert et Roland de Lassus.

LES COMPOSITEURS

Giovanni Domenico Da Nola fut maître de chappelle à la SS Annunziata à Naples, du1er février 1563 jusqu'à sa mort. Ses premières publications, deux livres de Canzoni villanesche (1541), contiennent un total de 31 VILLANELLES et 11 MASCHERATAS. Ces deux livres ont été bien reçus par d'autres compositeurs, y compris Lassus et Willaert. Dans ses traitements parodiques de l'amour trompeur, Nola a habilement recréé́ des modèles de discours dialectaux, en s'inspirant généreusement de proverbes locaux. On sait très peu de choses de la vie d'Antonio Valente, napolitain d'adoption et aveugle de naissance. C’était un virtuose du clavecin et de l'orgue, tenu en grande considération dans la ville où il vécut et travailla. Deux collections de Valente ont survécu jusqu’à nos jours. L’Intavolatura de Cimbalo, publié à Naples en 1576 et une tablature d'orgue, Versi Spirituali, également imprimée à Naples en 1580. Sa capacité à apprivoiser le contenu dans son dessin artistique est particulièrement évident dans l'élaboration des morceaux de chant, qui sont choisis parmi les chansons les plus connues de son temps (Crecquillon, De Monte, Willaert). Ses versions sont extrêmement raffinées dans leur traitement des mélodies. La liberté qu'il montre dans les diminutions souligne le grand sens mélodique qui imprègne son style: il en va de même dans les danses, essentiellement les GAGLIARDES, et dans les BALLI sur BASSO OSTINATO.

Le gioie dell'Amanti 

VILLANELLES ET CHANSONS AU ROYAMES DE NAPLES